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Peter Venton

J. Peter Venton est économiste. Il a obtenu son baccalauréat en économie à l’Université Western Ontario et sa maîtrise en économie… Plus

 
Linda McQuaig

Linda McQuaig est journaliste et auteure de bestsellers. Lorsque journaliste au Globe and Mail, elle a remporté un National Newspaper Award… Plus

 
Maude Barlow

Maude Barlow est la présidente nationale du Conseil des Canadiens, et la présidente du conseil de Food and Water Watch de Washington. Plus


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Income inequality in Canada is growing at an alarming rate. The gap between the richest 1% of Canadians and the rest is at its highest level since the 1920′s. The richest 20% are the only group to have increased their share of the national income – the shares of middle or low income earners in Canada have been stagnant or declined. Canada ranks poorly compared to many other OECD countries, and in the past two decades income inequality has grown faster here in than in any other OECD country except the United States.

Research is clear: proportional representation is strongly correlated with lower levels of income inequality. In fact, researchers have found that as proportionality in an electoral system increases, income inequality decreases. Winner-take-all systems have been found to have the opposite effect. In short, when our votes count, people have more power.

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J. Peter Venton est économiste. Il a obtenu son baccalauréat en économie à l’Université Western Ontario et sa maîtrise en économie de l’Université Queen’s. Il a travaillé pendant 24 ans au Ministère des finances de l’Ontario comme économiste, économiste senior et conseiller politique senior sous les Premiers ministres Robarts, Davis, Peterson, Rae and Harris. De 1979 à 1984, il a été le vice-président à l’administration et aux finances à l’Université Wilfrid Laurier de Waterloo. De 2001 à 2009, il a été trésorier à l’Université St. Michael’s College de l’Université de Toronto, de laquelle il s’est retiré en décembre 2009. Depuis sa retraite, il a écrit sur les thèmes des inégalités économiques, de la globalisation, de la durabilité environnementale et de la démocratie.

RéC: Que pensez-vous de la démocratie canadienne aujourd’hui?

Je pense que ce serait une bonne chose. Sérieusement, la raison pour laquelle nous n’avons pas une réelle démocratie au Canada aujourd’hui est qu’environ 30% des Canadiens seulement sont activement engagés dans les processus démocratiques, suivent la politique et s’informent des questions de politiques publiques (Hepburn, Bob. 2012). Le reste de l’électorat est “trop occupé avec les problèmes et les plaisirs de la vie quotidienne pour se soucier de ces activités” (Russell, Peter H. 2012). Au niveau fédéral, 40% de l’électorat a failli à son devoir envers ses concitoyens et n’est pas allé voter. Le pourcentage d’abstention de vote dans les élections provinciales et conseils locaux est encore plus grand; ceci est plus important puisque les gouvernements provinciaux et locaux cumulent 60% des dépenses du secteur gouvernemental – substantiellement plus que la part du gouvernement fédéral de 40%.

C’est un état de fait triste, en cette année du 100e anniversaire de la Première Guerre mondiale durant laquelle de nombreux Canadiens sont morts croyant qu’ils se battaient pour préserver la démocratie au Canada, particulièrement à la lumière des dernières lignes du célèbre poème de 1915 du Lieutenant-Colonel John McCrae, « Au champ d’honneur », version française officiellement adaptée en français par Jean Pariseau du poème « In Flanders Fields » :

À vous jeunes désabusés,
À vous de porter l’oriflamme
Et de garder au fond de l’âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d’honneur.

Je suis d’accord avec Susan Delacourt lorsqu’elle affirme que depuis les 50 dernières années, il y a eu une transformation de l’électorat, qui est passé des « citoyens démocratiques » qui acceptaient de faire quelques sacrifices pour le bien public et comprenaient que des bénéfices découlent de la taxation aux « citoyens consommateurs » qui ne veulent plus faire de sacrifice pour le bien public et qui ne se préoccupent que des taxes et de leurs besoins individuels. Cette transformation a changé le comportement des politiciens et des partis politiques. Dans la démocratie de consommation, où le client a toujours raison, ce n’est pas le travail d’un politicien de changer les mentalités ou de les contester mais bien de les confirmer afin de gagner des points. Le citoyen consommateur ne peut se rallier à rien qui augmenterait ses taxes ou réduirait sa consommation. Les discours politiques ne sont pas fait pour éduquer, expliquer ou informer les audiences mais bien pour servir des slogans de marketing.

Les partis politiques et les politiciens ont perdu de vue leur mission première qui est de servir le bien public. À la place, ils ont adopté le pouvoir politique comme objectif ultime. Ceci a grandement affaibli notre démocratie.

La plupart des citoyens sont mal informés de la nature et de l’ampleur du rôle de leur gouvernement dans l’économie et dans leur vie personnelle. Les gouvernements canadiens emploient un système capitaliste de libre-marché en combinaison avec des interventions de l’état pour servir le bien public. Ce système mixte privé-public est en équilibre comme le démontre le fait que le revenu annuel disponible après impôts de la famille canadienne médiane en 2006 était de 42 845$ alors que les dépenses gouvernementales ont fourni à cette famille des bénéfices annuels de 40 716$ (Venton, J. Peter. 2013, p.19).

Au contraire de l’opinion publique, je crois que les députés sont des représentants bien intentionnés au départ. Cependant, la plupart n’ont pas une éducation formelle quant à la manière de jouer leur rôle au Parlement. Les rapports de Samara Canada sur les entrevues de départ de 65 députés indiquent que la vaste majorité (je dirais 95% ou plus) n’ont pas reçu d’éducation formelle sur les principes bien établis de la science politique (Samara # 1, 2010. p7) – sans mentionner les principes économiques. Ce sont des connaissances essentielles pour les députés et leurs partis afin de bien accomplir leurs rôles au Parlement. En conséquence, plusieurs députés sont confus face à leur rôle et plusieurs ont l’impression d’être des « étrangers » à Ottawa (Samara Canada # 4, 2011, pp. 14,15). En plus de cela, plusieurs se sentent souvent en conflit  entre leur désir de représenter leurs électeurs et leur besoin de représenter les intérêts de leur chef de parti.

RéC : Plusieurs Canadiens sont préoccupés par la démocratie canadienne et les inégalités grandissantes entre les citoyens. Quelle importance doit-on accorder à la question des inégalités? De quelle manière ces problématiques se rejoignent-elles?

Les inégalités économiques sont le problème le plus important. En tant que juge en chef adjoint à la Cour Suprême des États-Unis, Louis Brandeis a affirmé dans les années ’30 : « Nous pouvons avoir la démocratie ou nous pouvons avoir la richesse concentrée dans les mains d’une minorité, mais nous ne pouvons avoir les deux. » Depuis les quarante dernières années, les gouvernements du Canada n’ont pas réussi à coordonner les changements du système capitaliste de libre-marché et des corporations afin d’éviter la concentration des revenus et des richesses que nous observons aujourd’hui. Les résultats sont les suivants :

Tendances dans les inégalités économiques au Canada
Part du revenu familial net 1976 2007
20% plus aisés 41.0% 44.1%
60% moyens 54.1% 51.0%
20% moins aisé 4.9% 4.8%
Tous les foyers 100.0% 100.0%
Part de la richesse familiale 1984 2005
1% plus aisés 13.6% 18.6%
10% plus aisés 51.8% 58.2%
20% plus aisés 69.5% 75.0%
60% moyens 31.0% 25.6%
20% moins aisés -0.4% -0.6%
Toutes les familles 100.0% 100.0%
Source: Venton, J. Peter. 2013. p. 38.

Cette inégalité dans les revenus et la richesse est sans précédent dans les 147 années d’histoire du Canada en tant qu’État-nation, à l’exception de la période dans les années ’20 qui a précédé la Grande Crise.

La préoccupation de Brandeis était que les grandes entreprises étaient néfastes pour le bien-être des Américains et des travailleurs en particulier. Depuis la fin de la guerre civile en 1865, il y a eu une croissance effrénée des grandes entreprises au point où, au début des années ’30, les 200 plus grandes entreprises parmi plusieurs millions contrôlaient collectivement la moitié des actifs corporatifs totaux des États-Unis (Parker, Richard. 2006. p. 72).  En 2010, au Canada, il est estimé que les 60 plus grandes corporations possédaient 48% des actifs totaux des 1.3 millions de corporations canadiennes (dérivé de Brennan, Jordan. 2012, pp. 19, 20, 26).

Le système politique canadien actuel n’est pas enligné avec les préoccupations et priorités d’une majorité de Canadiens lorsqu’il s’agit des inégalités économiques. Les détails de ce mauvais alignement sont présentés dans le troisième essai de ma brochure Four Essays on Restoring Canada’s Democracy (Venton, J. Peter. 2013). Il y a cinq causes apparentes de ce mauvais alignement politique :

1. Les entreprises se sont emparées de l’agenda politique sur les taxes et les dépenses.

2. La plupart des politiciens de tous les partis semblent croire que les inégalités économiques sont un mal nécessaire – que c’est un incitatif nécessaire à la croissance économique et au bien-être des Canadiens dans leur ensemble. Ceci reflète leur manque de connaissance de l’économie politique – la manière dont l’économie fonctionne réellement et quelles politiques et opérations publiques peuvent la faire fonctionner pour la majorité démocratique. À la place, ils ont accepté les nombreux mythes qui construisent l’idéologie économique de la communauté des affaires et leurs groupes de réflexion subventionnés. Ces mythes incluent les hypothèses selon lesquelles une hausse modérée des taux de taxation sur les revenus les plus élevés va réduire leur incitatif à l’innovation et au travail assidu. Ils incluent aussi l’hypothèse que l’inégalité ne pourra être réduite que si et seulement si tout un chacun se prend en main et s’attèle au travail individuellement pour améliorer sa condition. Tous ces mythes (ou plus précisément ces idées fallacieuses à propos de l’économie qui sont trompeusement plausibles à cause qu’elles énoncent des demi-vérités) sont soulignées aux pages 43 à 46 de ma brochure Four Essays on Restoring Canada’s Democracy (Venton, J. Peter. 2013)

3. Il y a un désengagement politique important des électeurs canadiens les moins bien nantis, avec pour résultat qu’une majorité des électeurs qui votes sont les mieux nantis – les bénéficiaires directs et indirect du système économique canadien. En conséquence, le système politique est dominé par un « secteur monopolistique » dans l’économie qui se manifeste par les 60 plus grandes corporations dont les actifs représentent 80% du PIB du Canada et qui ont empoché 65% des profits produit par les 1.3 million de corporations canadiennes (Brennan, Jordan. 2012 Figure 5, p. 19).

4. Les partis politiques sont en compétition pour maximiser leur pouvoir politique en courtisant le « centre ». Mais le centre est dominé par les mieux nantis car ils ont de hauts taux de participation et que le reste de l’électorat ont des taux de participation plutôt faibles. Ces derniers incluent la plupart des pauvres, des vulnérables et les électeurs centristes peu convaincus.

5. Le système électoral uninominal à un tour que le Canada utilise ne résulte pas en une représentation proportionnelle. Le manque de proportionnalité combiné à un faible taux de vote signifie que le gouvernement majoritaire actuel a été élu par une base de seulement 24% de l’électorat. La plus forte part de cette base est composée des mieux nantis et ils sont déterminés à maintenir les choses ainsi.

RéC : Une meilleure démocratie, des impôts justes, la protection environnementale et l’amélioration des services publics d’une manière durable financièrement sont toutes des questions qui préoccupent les Canadiens. Quelle importance a l’atteinte d’une représentation proportionnelle au sein de toutes ces questions et pourquoi?

Il n’est pas certain que la démocratie et la protection de l’environnement soient des priorités pour la majorité des Canadiens. Comme je le notais plus tôt, 70% des électeurs ne sont pas engagées dans le discours politique et sont peu enclins à s’engager dans une volonté de changement. Un sondage de Samara Canada a proposé un ensemble de 18 problématiques actuelles et a posé la question : « Quelle est votre préoccupation la plus importante? » à un échantillon de Canadiens. Voici les réponses obtenues :

L’économie, les impôts et la santé fiscale du gouvernement 31%
Le système de santé 25%
Les programmes sociaux (ex : pensions de vieillesse) 12%
Les emplois et le chômage 8%
L’environnement 7%
L’éducation 5%
La criminalité et le système judiciaire 3%
L’immigration 3%
Aucune des 10 autres problématiques n’a été choisie par plus de 1% des répondants  

Les critiques ont soutenu que les politiques publiques ne changeraient pas nécessairement sous un système basé sur la représentation proportionnelle, qui risque d’entraîner de plus nombreux gouvernements minoritaires. Comme preuve, ils notent que les gouvernements minoritaires des dernières années n’ont pas aidé la cause environnementale ou amené une imposition plus juste. Le NPD n’a pas soutenu la proposition de « virage vert » du gouvernement minoritaire libéral en 2008. De plus, les libéraux et les néodémocrates ont permis au gouvernement minoritaire de Harper de réduire le taux de la TPS.

Ce que ces critiques ne comprennent pas est que les systèmes à représentation proportionnelle ont plus souvent pour résultat des gouvernements de coalition qui demandent de la négociation, des compromis et le partage du pouvoir. Par exemple, en 2006, si nous avions été sous un système de représentation proportionnelle, les libéraux et les néodémocrates auraient vraisemblablement forcé les conservateurs à abandonner leur proposition de réduction de 1% de la TPS en les menaçant d’un vote de non-confiance qui aurait précipité une autre élection générale. Les conservateurs auraient voulu éviter cette élection parce qu’il y aurait eu peu de chance qu’ils y obtiennent une majorité de 50% ou plus du vote populaire. En contraste, avec le système uninominal à un tour, les conservateurs auraient pu obtenir une majorité de sièges lors d’une élection générale parce que la plupart des Canadiens étaient favorables à une réduction de la TPS. (Himelfarb, Alex & Himelfarb, Jordan editors, 2013.p vii). Dans ce cas, ce sont plutôt les libéraux et les néodémocrates qui voulaient éviter une élection générale. Alors, les libéraux et les néodémocrates ont permis à ce budget comportant une réduction de la TPS d’être approuvé. L’autre réduction de 1% de la TPS dans le mini-budget de 2007 a pu passer car les libéraux se sont abstenus de voter. Donc, la structure du système de représentation proportionnelle porte les partis à faire des compromis qui peuvent satisfaire plus d’un parti et ainsi, une plus grande part des électeurs. Concrètement, ils y arrivent en rédigeant des projets de loi ensemble. Le système a cet effet car les risques et avantages inhérents au système de représentation proportionnelle sont différents des risques et avantages inhérents au système uninominal à un tour. Spécifiquement, ces risques et avantages différents donnent aux partis d’opposition plus de pouvoir de négociation en réduisant les avantages que tire le parti au pouvoir à ne pas faire de compromis.

Cette différence dans les systèmes électoraux est très importante car elle affecte les inégalités sociales. Spécifiquement, les bénéfices tirés de la réduction de la TPS ont été bien plus grands pour les 20% des foyers canadiens aux revenus les plus élevés que pour les 60% des foyers à revenus moyens et les 20% des foyers avec les revenus les plus bas. Conséquemment à la réduction de TPS, l’équité des taxes a été réduite et l’inégalité des revenus nets a été augmentée.

En conclusion, je crois que les solutions politiques pour les 80% majoritaires des Canadiens et pour l’environnement du pays sont (1) une plus grande taxation des revenus élevés et des capitaux (en se rapprochant des niveaux des années ’60), (2) une redistribution des richesses pour réduire la pauvreté, (3) une réduction de la consommation des biens et services luxueux non-rentables et des biens qui symbolisent le rang social, (4) une réduction de la spéculation financière sur le marché des actifs existants, des actions, de l’immobilier, de l’art, des collections, etc. et (5) un taux réduit de croissance économique en échange d’une légère augmentation du temps de loisir afin d’atteindre un meilleure équilibre entre le travail et la vie personnelle et entre l’offre et la demande pour la force de travail et ainsi, moins de chômage. Cependant, les politiques mentionnées ci-dessus n’ont pas l’ombre d’une chance d’être adoptées sans le vote obligatoire combiné à un système électoral basé sur un principe de représentation proportionnelle. Avec ces changements, nous aurions enfin des politiques gouvernementales en accord avec les intérêts et priorités de la majorité des Canadiens – plutôt que des 24% des électeurs ayant élu ce gouvernement, et qui sont largement parmi les mieux nantis.

À cette fin, le rôle des nombreux groupes de réflexion progressistes au Canada est de dévoiler les mythes de la communauté d’affaire et de ses groupes de réflexions subventionnées et de les remplacer par une description progressiste des politiques présentées ci-dessus – des politiques qui fonctionneront effectivement pour l’économie et pour une majorité de Canadiens. La tâche des organisations telles que À l’action est de communiquer ce récit et les politiques au grand public et d’en faire la promotion auprès de tous les partis politiques afin de les amener à avoir le courage de les implanter. La tâche des partis politiques est de travailler très fort pour aider les 80% de Canadiens à voter non seulement pour leurs propres intérêts mais aussi pour les intérêts de leurs concitoyens. Après tout, comme l’affirme ce vieux dicton : « S’unir ou périr ». Les solutions proposées bouclent la boucle entre l’économie, les taxes et impôts, les politiques fiscales et la restauration d’une démocratie bien mal en point pour finalement pouvoir gérer le changement climatique.

Révisé : 15 janvier 2014. Fichier : Fairvote Communications 5_FR

J. Peter Venton est économiste. Il a obtenu son baccalauréat en économie à l’Université Western Ontario et sa maîtrise en économie de l’Université Queen’s. Il a travaillé pendant 24 ans au Ministère des finances de l’Ontario comme économiste, économiste senior et conseiller politique senior sous les Premiers ministres Robarts, Davis, Peterson, Rae and Harris. De 1979 à 1984, il a été le vice-président à l’administration et aux finances à l’Université Wilfrid Laurier de Waterloo. De 2001 à 2009, il a été trésorier à l’Université St. Michael’s College de l’Université de Toronto, de laquelle il s’est retiré en décembre 2009. Depuis sa retraite, il a écrit sur les thèmes des inégalités économiques, de la globalisation, de la durabilité environnementale et de la démocratie.

Références

Brennan, Jordan. 2012. “A Shrinking Universe: How concentrated corporate power is shaping income inequality”.  Publié par le Centre canadien de politiques alternatives. Novembre 2012. 

Delacourt, Susan. 2013. “Why politicians always have time for Tim Hortons.” Toronto Star. 28 septembre, 2013.  Extrait de son livre Shopping for Votes: How Politicians Choose Us and We Choose Them. Douglas MacIntyre, 2013.

Hepburn, Bob. 2012. “The Uphill Battle to Save Democracy”. Toronto Star, 19 avril, 2012.

Himelfarb, Alex and Jordan. editeurs. 2013. Tax is not a four letter word: A Different Take on Taxes in Canada. Waterloo: Wilfrid University Press.

Parker, Richard. 2006. John Kenneth Galbraith: His Life, His Politics, His Economics. Toronto: Harper Collins, Perennial Edition.

Russell, Peter H. 2012. Review of Political Scientist Vaughan Lyon’s book, Power Shift: From Party Elites to Informed Citizen. Canadian Public Policy. Volume 38. Numéro 4, Décembre 2012. pp. 608-609.

Samara Canada #1, 2010. “Le citoyen accidentel?” Entrevues avec les députés sortants, Rapport # 1. Juin, 2010.

Samara Canada # 2, 2010. “Bienvenue au Parlement : un poste sans mode d’emploi” Entrevues avec les députés sortants, Rapport # 2, automne 2010.

Samara Canada # 4, 2011. “Le manifeste des profanes : Comment survivre et réussir en tant que député-e”.  Entrevues avec les députés sortants, Rapport # 4.

Venton, J. Peter. 2013. Four Essays on Restoring Canada’s Democracy. Brochure non-publiée. Toronto: JPV Associates, November 2013.


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Linda McQuaig est journaliste et auteure de bestsellers. Lorsque journaliste au Globe and Mail, elle a remporté un National Newspaper Award en 1989 pour une série d’articles qui a déclenché une enquête publique sur les activités du lobbyiste politique Patti Starr de l’Ontario, série qui a finalement conduit à l’emprisonnement de Starr. Puis, lorsque que rédactrice principale pour le magazine Maclean, McQuaig (et Ian Austen) a écrit deux articles principaux de page couverture sondant les relations d’affaires douteuses de Conrad Black dans le cadre d’une offre d’achat publique des États-Unis au début des années 1980. En 1991, elle a reçu une bourse Atkinson pour le journalisme en politique publique afin d’étudier les systèmes de protection sociale en Europe et en Amérique du Nord. Depuis 2002, McQuaig écrit une colonne éditoriale pour le Toronto Star. Elle est l’auteure de huit livres sur la politique et l’économie – tous des bestsellers nationaux – y compris Shooting the Hippo (présélectionné pour le Prix du Gouverneur général pour la non-fiction), The Cult of Impotence, All You Can Eat, It’s the Crude, Dude: War, Big Oil and the Fight for the Planet, et Holding the Bully’s Coat: Canada and the U.S. Empire. Son livre le plus récent, co-écrit avec Neil Brooks, est The Trouble With milliardaires.

REC : Que pensez-vous de la démocratie au Canada?

La démocratie est en mauvais état dans le Canada d’aujourd’hui. Avec le revenu et la richesse de plus en plus concentrés au sommet, une petite élite a largement pris le contrôle de l’agenda politique. Par conséquent, les citoyens ordinaires se sentent de plus en plus impuissants et désintéressés en politique. Cela se reflète dans la baisse notable de la participation électorale aux élections canadiennes au cours des dernières décennies.

REC: De nombreux Canadiens sont très préoccupés par l’état de la démocratie canadienne et l’accroissement des inégalités entre les citoyens. Quelle est l’envergure du problème de l’inégalité? Voyez-vous un lien entre ces questions?

L’inégalité croissante est centrale au déficit démocratique au Canada. Le pouvoir économique se traduit par le pouvoir politique, de sorte que la concentration des ressources économiques dans un petit nombre de mains équivaut à une restriction grave à la démocratie véritable. Comme le juge de la Cour suprême des États-Unis Louis Brandeis a dit: « Nous pouvons avoir la démocratie … ou nous pouvons avoir une grande richesse concentrée dans les mains de quelques-uns. Nous ne pouvons pas avoir les deux ensemble ». Tragiquement, le Canada a suivi les États-Unis vers un niveau extrême de concentration du revenu et de la richesse au cours des dernières décennies. Plutôt que d’être une vraie démocratie, le Canada d’aujourd’hui pourrait être décrit comme une ploutocratie – c’est une nation effectivement dirigée par la minorité riche.

REC: Améliorer notre démocratie, des accords commerciaux et une fiscalité équitables, la protection de l’environnement, l’amélioration des soins de santé publique et des services publics d’une manière financièrement viable sont autant de questions qui préoccupent les Canadiens. Quelle est l’importance d’établir la représentation proportionnelle dans tout cela, et pourquoi?

Les Canadiens se soucient profondément d’un large éventail de questions – de l’environnement et une fiscalité équitable au renforcement des services publics – mais ces questions ont été ignorées par les gouvernements, en grande partie parce que l’élite ne se soucie pas d’eux. La représentation proportionnelle ferait une différence importante pour changer cela, parce que cela ferait que chaque vote compte. Ce serait donner plus de pouvoir aux citoyens, ce qui les rendrait plus susceptibles de prendre une part active à la vie politique et à voter pour des candidats qui représentent effectivement leurs points de vue. Il serait alors plus difficile pour les gouvernements de marginaliser et d’ignorer les questions qui sont importantes pour les Canadiens ordinaires.

 


maude-barlow

Maude Barlow est la présidente nationale du Conseil des Canadiens, et la présidente du conseil de Food and Water Watch de Washington. Elle est membre de l’exécutif du International Forum on Globalization de San Francisco, et conseillère du World Future Council de Hambourg. Maude Barlow a reçu onze doctorats honorifiques ainsi que de nombreux prix dont le Prix Right Livelihood de 2005, souvent désigné comme le «Prix Nobel alternatif », le Prix Hommage 2008 des Prix canadiens de l’environnement, le Prix de la réalisation environnementale exceptionnelle du Jour de la Terre Canada 2009, le Prix du héros de Planet in Focus 2009, et le Prix EarthCare 2011, plus haute distinction internationale du Sierra Club (US).

Elle a été conseillère principale en matière d’eau auprès du président de l’Assemblée générale des Nations Unies en 2008-2009, et un leader du mouvement pour la reconnaissance de l’eau comme un droit de l’homme par l’ONU.

Elle est l’auteure de nombreux rapports et de 17 livres, dont le best-seller international Vers un pacte de l’eau, et son dernier en 2013, Blue Future: Protecting Water For People And The Planet Forever.

REC : Que pensez-vous de la démocratie au Canada?

Je suis profondément inquiète de l’état de la démocratie au Canada. Le gouvernement Harper, qui a pris le pouvoir avec un faible pourcentage du vote populaire en raison de notre système électoral désuet, ne nous a pas dit à la veille de l’élection son intention de sabrer dans la protection de l’environnement visant notre patrimoine d’eau et d’éteindre les voix de nos scientifiques. Ni qu’il retirerait graduellement le gouvernement fédéral de l’assurance-maladie. Ni qu’il donnerait à des sociétés transnationales de l’énergie un accès illimité à nos ressources et le droit de poursuivre en justice si nous essayons de les protéger. Beaucoup d’entre nous se sentent impuissants à mettre fin à ces développements vis-à-vis ce gouvernement à « fausse majorité ».

Je suis également profondément préoccupée du fait qu’un tribunal fédéral ait découvert de la fraude électorale généralisée à la dernière élection et que sa source probable était la base de données du Parti conservateur. Pourtant, aucune explication ni source de responsabilité est à venir du gouvernement Harper qui, en fait, a dit le juge, a tout fait pour entraver le processus judiciaire. Comment pouvons-nous faire confiance à ce gouvernement d’organiser des élections libres et équitables dans le futur?

REC: De nombreux Canadiens sont très préoccupés par l’état de la démocratie canadienne et l’accroissement des inégalités entre les citoyens. Quelle est l’envergure du problème de l’inégalité? Voyez-vous un lien entre ces questions?

Nous vivons le plus grand écart entre les riches et les pauvres en soixante ans, mais le gouvernement continue de promouvoir une politique économique et fiscale qui défend les intérêts de ses amis des grandes entreprises sur le dos de la majorité de ses citoyens. Lorsque nous avons un système électoral qui n’est pas représentatif de la façon dont la population a voté, on obtient trop de pouvoir résidant dans des partis qui ne sont pas responsables devant le peuple et qui sont trop étroitement alignés avec les intérêts des riches.

REC : Améliorer notre démocratie, la préservation de notre eau, des accords commerciaux équitables, la durabilité environnementale, la protection et l’amélioration des soins de santé publique sont autant de questions sur lesquelles se penchent les campagnes du Conseil des Canadiens. Quelle est l’importance d’établir la représentation proportionnelle dans tout cela, et pourquoi?

La représentation proportionnelle permettrait de s’assurer que les voix de tous les Canadiens, et pas seulement une élite puissante, sont entendues lorsque des décisions stratégiques sont prises. Nous savons par les sondages que les Canadiens appuient le commerce équitable, les soins de santé publique, la protection de notre patrimoine d’eau, et la justice pour les familles de travailleurs, mais nous sommes coincés avec des politiques qui trahissent ces valeurs en raison de ce système majoritaire uninominal à un tour qui ne sert plus les Canadiens.

Merci à Représentation Équitable au Canada de lutter pour un meilleur système électoral pour tous.

1. L’écart entre les riches et le reste d’entre nous? Nous pouvons le fermer.
2. L’inégalité des revenus.
3. Comment les inégalités de revenu réduisent les chances de tous les Canadiens de bâtir une vie meilleure.

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