Pourquoi ne pas tout simplement classer les candidats par ordre de préférence dans notre circonscription?

Le classement des candidats par ordre de préférence 1, 2, 3 ou vote préférentiel permet d’envisager le dépouillement des votes à plusieurs tours au besoin si le candidat qui finit premier au scrutin obtient moins de 50 % +1 des voix. On utilisera alors les deuxième ou troisième préférences des électeurs, jusqu’à ce que l’un des candidats atteigne le seuil établi. Le vote préférentiel peut s’utiliser dans des circonscriptions uninominales ou plurinominales.

Classer les candidats dans des circonscriptions uninominales est ce qu’on appelle le système du Vote alternatif ou préférentiel. Toutefois, tant et aussi longtemps qu’il n’y a qu’un seul gagnant par circonscription, les électeurs et électrices pour qui le gagnant n’était pas leur premier choix n’élisent toujours pas le candidat ou la candidate qui les représente le mieux et les résultats ne sont pas proportionnels. L’électeur qui classe le candidat d’un parti sous-représenté en premier sur son bulletin de vote en tire sans doute une certaine satisfaction, mais ce candidat sera tout probablement éliminé au deuxième ou au troisième tour par un des grands partis.

Le Vote alternatif n’est pas un mode de scrutin proportionnel et ne comblerait pas le déficit démocratique du Canada. Si les électeurs canadiens souhaitent classer les candidats par ordre de préférence, ils devraient réclamer le droit de le faire dans le cadre d’un système de scrutin proportionnel caractérisé par des circonscriptions plurinominales. Cela peut se faire de différentes façons :

● Stéphane Dion a proposé un mode de scrutin qu’il appelle « P3 ». Le nom P3 fait allusion à trois principes de base : préférentiel, proportionnel et personnel.

● Une autre option est celle du Vote transférable unique (VTU), un mode de scrutin qui avait été appuyé par 58 % des électeurs lors du premier référendum tenu en Colombie britannique en 2005.

● Ou encore, on pourrait envisager un mode de scrutin de Représentation proportionnelle mixte qui utiliserait le vote préférentiel pour les sièges locaux. Tel qu’envisagée à l’origine, cette idée n’était pas très proportionnelle parce que le nombre de sièges compensatoires proposé n’était pas très grand, mais il n’y a pas de raison qui empêcherait un tel système d’être aussi proportionnel que n’importe quel autre modèle de Représentation proportionnelle mixte. RÉC a produit une capsule vidéo à ce sujet dans le cadre de sa campagne pour l’élection fédérale de 2015.

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