Annexe 3 : La plupart des démocraties évoluent vers la représentation proportionnelle

En 2005, Joseph Colomer a examiné 219 élections dans 87 pays depuis 1874. Il a conclu que la tendance au fil du temps était sans aucun doute à la représentation proportionnelle. Il écrit ceci :

« […] plus des quatre cinquièmes des démocraties actuelles dans les pays ayant plus d’un million d’habitants utilisent des modes de scrutin à représentation proportionnelle (80,5 %), tandis que moins d’un cinquième des pays utilisent des modes de scrutin majoritaire (19,5 %). »1

Plus de 80 % des pays de l’OCDE utilisent des modes de scrutin proportionnels. D’après la base de données de l’Assistance électorale internationale (tableau 1, p. 24), sur 31 pays ayant changé leur mode de scrutin au cours des 20 dernières années, 27 ont augmenté la proportionnalité de leur mode de scrutin, et un seul pays a évolué dans le sens contraire.

Colomer remarque que le nombre de partis dans un pays ne s’accroît pas avec la mise en place de la représentation proportionnelle. La causalité va dans le sens inverse, la représentation proportionnelle découlant d’un cadre électoral comportant une multiplicité de partis. Plus le nombre effectifs de partis (NEP) est élevé dans un pays (selon Arend Lijphart qui classifie le nombre de partis présents au parlement en fonction de leur pouvoir effectif), plus grande est la probabilité que le pays passera à la représentation proportionnelle. Joseph Colomer remarque que :

« Le NEP moyen de l’élection en mode de scrutin majoritaire précédant un changement de mode de scrutin est 3,9. » et « la probabilité qu’un pays passe à la représentation proportionnelle augmente jusqu’à 61 % lorsqu’un pays atteint le nombre de 4 partis effectifs. »

Le dernier parlement du Canada avait 3,43 « partis effectifs » dans cette étude; mais depuis 1997, nous avons avoisiné les 4 partis effectifs.

Alan Renwick et Jean-Benoit Pilet remarquent que les pays qui utilisent déjà la représentation proportionnelle évoluent en direction d’un mode de scrutin « personnalisé » axé sur les candidats, ce qui permet aux électeurs de voter pour des individus plutôt que de voter seulement pour des partis.2


 1 Colomer, Joseph (2005) It’s Parties That Choose Electoral Systems (or, Duverger’s Laws

Upside Down), Political Studies: VOL 53, pp. 1-21.

2 Renwick Alan et Pilet Jean-Benoit (2016). Faces on the Ballot. The

Personalization of Electoral Systems in Europe, Oxford: OUP.

 

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